Carrière cycliste de Mickaêl Buffaz, sa saison, ses news, ses résultats
Nicolas Crosbie n’étant pas encore remis de sa chute au Championnat de France il n’est pas venu à Morteau pour le départ du Tour du Doubs. C’est donc seulement à 5 que nous allions devoir faire face aux armadas des pros tours comme Bouygues, FDJ, Milram qui elles étaient au complet à 8 coureurs.
Il a été remplacé par Maxime… Buffaz qui est venu avec sa maman pour supporter son papa. En effet nous avons profité de la proximité de la course pour emmener toute la petite famille. La soirée à l’hôtel fut très sympa, avec une super ambiance dans l’équipe. Les cerises à l’eau de vie maison et la victoire de l’équipe de France de foot sont venues clôturer en beauté la soirée./http%3A%2F%2Fwww.velostory.net%2Fupload_img%2FBuffazFamille.20067319039.jpg)

Avant cela j’avais appelé mon ami Marcel Besançon, ostéopathe de Besançon pour qu’il vienne à l’hôtel pour régler une douleur au bassin que j’avais ressenti la veille. Il en a profité pour me masser aussi comme au temps de Delatour où il faisait des vacations. Merci !
Je ne vais pas cacher qu’après ma forme revenue au Championnat de France j’étais très motivé par cette course au relief difficile : ce profile me convient complètement. Alors pendant notre briefing j’ai clairement pris mes responsabilités en annonçant à mes équipiers que j’étais capable de gagner. C’est la première fois que je me mouille à un tel point !!
Le problème c’est que sur cette course le peloton peut d’un seul coup laisser partir une échappée et ne plus rouler du tout derrière. Il faut donc courir à l’avant et être vigilant. On a beau avoir des équipiers prêt à vous aider ils ne vont pas pédaler à votre place. A ce petit jeu je pense que j’en ai un petit peu trop fait en début de course mais c’est sans doute à cause du fait d’avoir vu 2 fois de suite cette course pliée au bout de 30km. Au km 25, j’ai fait le premier point chaud car à la faveur d’une descente technique je me suis retrouvé seul devant. Dans la foulée, Avec Leblacher nous avons fait une dizaine de kilomètre à 2 avant d’être rejoint au pied du premier grimpeur de 8km. C’est là qu’eu lieu le premier écrémage par l’arrière. Nous avons d’ailleurs perdu définitivement Olivier, quant à Sinner et Robin ils ont réussi à s’extraire inextrêmiste du peloton avant qu’il jette définitivement l’éponge, pour nous rejoindre à l’avant. Pendant ce temps avec Canouet (Gilou l’ours) nous allions chacun notre tour dans les escarmouches lancées par la FDJeux en surnombre à l’avant (6). Ce fut un moment difficile physiquement et très stressant : il fallait trouver le plus fort d’entre eux, essayer de déceler leur tactique. A ce moment (km70) on était plus que 30 à pouvoir encore espérer s’imposer mais avec toujours 6 FDJ. Avec le renfort de Robin et Sinner, il était plus facile de les contrôler. Chacun notre tour en sautait dans leurs roues et ensuite on ne les relayait que très peu pour favoriser à chaque fois le retour du groupe de derrière. Il fallait faire ça au moins jusqu’à 50km de l’arrivée car partir dans une échappée avant aurait été du suicide. Nous avions à peine dépassé les 100km et le plus dure restait à venir.
Malgré tout dans toutes les difficultés je parvenais à suivre les meilleurs grimpeurs comme Dupont, Leblacher, Le Boulanger. C’est vraiment à ce moment là que j’y ai cru et mes équipiers aussi : j’avais mais pas besoin de descendre à la voiture pour chercher les bidons ; c’est la première fois que ça m’arrivait depuis maintenant 4 ans chez les pros. Je peux vous dire que dans la tête ça motive et ça décuple les forces et l’envie de bien faire. J’ai du coup assurer le classement des points chauds pour la cagnotte de l’équipe !!!! Et ensuite je me suis concentré sur la victoire finale. Je pense qu’à partir de ce moment je n’ai plus fait une seule erreur dans ma course. A 55 km de l’arrivée Finot (FDJ) est parti seul au pied du col de Mouthier (5km 6%) où il comptait déjà 1’ d’avance. Gilou m’a lancé un regard et il est allé mener le train dans le col. Je ne m’attendait pas à ça : non seulement il a tenu jusqu’en haut mais en plus il a fait péter les ¾ du groupe dont une grosse partie des FDJ. Au sommet, J’ai suivi l’attaque de Le Boulanger (Bouygues) et avec Dupont (AG2R), Médérel (Auber) et un Belge j’ai bien cru que nous avions réussi à piéger les FDJ. Mais quelques kilomètres plus loins ils ont réussi à rentrer enfin 2 seulement. C’est là que Leboulanger plaça un contre tellement violent que personne n’a réagi. 500m plus loin voyant qu’il cherchait son 2ème souffle j’ai moi aussi attaqué pour essayer de le rejoindre. Une fois la jonction effectuée il nous fallait bien nous entendre pour creuser l’écart sur l’arrière et revenir sur Finot toujours à l’avant. Cette fin de course est vraiment terrible avec une succession de faux plats, avec une route rugueuse, on ne sait pas quel braquet mettre et on a l’impression d’être arrêté. On est arrivé à rejoindre Finot à 25km de l’arrivée mais notre avance sur le groupe de chasse n’a jamais excédé 30 secondes. Il nous fallait donc nous battre à deux, car Finot n’allait plus rouler (il avait deux équipiers dans le groupe de chasse) pour résister au retour de ce groupe. Seulement, dans un coin de notre tête nous pensions tous à la dernière bosse de 4km à 8% dont le sommet est situé à seulement 5 km de l’arrivée. Nous avons donc roulé vite mais avec tout de même une petite retenue ce qui fait qu’au pied de la dernière côte nous n’avions plus que 10 secondes d’avance. Au bout de 500m de montée Le Boulanger lança une attaque fulgurante dont il a le secret. Je n’ai pas cherché à suivre, j’ai pris mon rythme et je suis monté le plus vite possible. J’ai rapidement lâché Finot et je grappillais mètre après mètre quand cacher derrière un virage j’ai vu Le boulanger arrêté sue le bord de la route. J’ai pensé à des crampes et je me suis vu gagner d’autant plus que j’accentuais mon avance sur les poursuivants. En fait il avait juste déraillé et il me reprit rapidement. Quand il m’a passé je n’ai pratiquement pas pu m’accrocher et dans les 2 derniers kilomètres qu’il restait il m’a mis 40 secondes. Il était vraiment le plus fort. Je termine donc 2ème et 1er des points chauds.


Tour du Doubs (Morteau - Pontarlier, 200 km)
· classement :
1. Y. LEBOULANGER (Bouygues Telecom) 4.44.39
2. M. BUFFAZ (Agritubel) 0.42
3. F. FINOT (Française des Jeux) 0.57
4. Y. PIVOIS (Bretagne-Jean-Floc'h) 0.59
5. E. LEBLACHER (Française des Jeux) 1.09
6. N. SIJMENS (Landbouwkrediet-Colnago) 2.20
7. H. DUPONT (AG2R Prévoyance) 2.45
8. M. MEDEREL (Auber 93) 3.41
9. J. MAZET (Auber 93)
10. T. DEGROOTE (Jartazi-7Mobile) 4.04
· les Agritubel
2. M. BUFFAZ 0.42
15. D. ROBIN 9.10